Le pressoir

La  « Vigne Philosophe »  fête son premier anniversaire….

Le Pressoir

Farce philosophique de Michel Vieujean

Création  « La Vigne Philosophe »,

Wavreille, 26 octobre 2002.

Prologue.

Des humains entrent sur la scène, portant ou tirant chacun une valise de formes, de couleurs, de tailles diverses, deux, puis un, puis deux, puis…voyageurs de la vie, pressés, affairés, ils se hâtent, se croisent, se bousculent…musique assourdissante et discordante…

Apparaît l’ Eveillé, le sage, simplement vêtu, « comme tout le monde ».

        L’Eveillé : – Stop !

Les voyageurs se figent là où ils sont.

Je ne suis ni Panoramix, ni le Père Fourasse, ni Gandhi, ni un magicien, ni un gourou, ni un avatar du Bouddha, ni un messie, encore moins un marchand d’aspirateurs ou de sectes déguisé, je suis l’un des vôtres tout simplement, mais qui a poussé son chemin de vie au-delà de vos pas…on dit un réalisé chez les Roses-croix, un illuminé chez les rationalistes, un éveillé ailleurs ou un mythomane, un fou, un sage, n’est-ce pas confondu… ? C’est comme vous me ressentez et peu m’importe.

        Ces voyageurs, c’est un peu chacun de vous, pressé sur son chemin de vie,     pressé d’aller où ?, vers quoi, vers qui ? le savez-vous seulement ? J’ai suspendu le temps qui n’est qu’une illusion puisque passé, présent et futur ne font qu’un. Par une utilisation de la pensée, branchée sur l’Energie cosmique, le temps peut obéir.

La preuve : « allez, la vie ! » 

Claquement de doigts …les voyageurs reprennent leur course aveugle et folle…

Musique

        – Voyez la fourmilière humaine,l’existence désordonnée, chaotique, les heurts, les désarrois

Collisions, disputes, gifles… ceux qui sont assis, dépressifs, ceux qui traînent leur valise comme un boulet, vers nulle part…

        -Stop ! Au ralenti,

 maintenant !

Les voyageurs sortent en coulisses lentement comme des automates.

        -La pensée, la force de la pensée et c’est tout, bien utilisée, elle est une puissance fabuleuse, elle peut tout, tout, tout…Sceptique le public ? Saint Thomas, va !

Allez, rationaliste, tu veux des preuves, homme de peu de foi…Cette sympathique salle Saint Pierre où nous voici assemblés, ce carré long, ce vaste sarcophage va devenir un tunnel, un immense sas vers ailleurs, nous allons partir d’ici, tous ensemble et explorer le temps, l’énergie nécessaire, vous allez la fournir en rassemblant vos auras, en unifiant vos pensées, vous allez fermer les yeux, vous détendre, vous laisser aller, vous concentrer, visualiser…nous sommes en route, nous remontons le temps, nous voici au XII ° siècle, en Bourgogne, le Clos Vougeot est un monastère cistercien entouré de vignes, des moines austères y ont fait vœux de travail, de chasteté, de pauvreté et de silence….concentrez-vous, visualisez-les en robe de bure, encapuchonnés. 

Musique grégorienne en sourdine puis de plus en plus forte.

Les mains dans leurs manches cinq moines apparaissent par le fond de la salle, en file, psalmodiant, ils remontent la salle lentement.

-Je les vois, les voilà !, bravo, vous pouvez tout, regardez-les…

Il disparaît.

Premier Tableau.

Les moines se dirigent vers la scène.

Le premier, gros, est le chef chapelain, le second, tout petit, se balance à chaque pas, le troisième marche à tous petits pas, entrecoupés d’arrêts brusques, le quatrième, bourru, le cogne, le repousse dans sa marche avec des gestes exaspérés, auxquels répondent des gestes d’excuse, de fatalité et d’impuissance,

le cinquième, simplet,  trottine sur la pointe des pieds en hochant la tête. Ils montent sur la scène et se mettent avec application à assembler un pressoir, maillet, chevilles et levier à la main, ils communiquent par gestes, un moine (le 3°) est maladroit, il manie une petite échelle en bois dangereusement pour les autres. Dès le montage terminé, ils chantonnent, tournent autour du pressoir, qu’ils caressent de la main puis sur un geste du chapelain, ils s’agenouillent et prient intensément.

Silence. Musique grégorienne en sourdine.

Brusquement la cloche retentit à plusieurs reprises, ils sursautent et le maladroit pousse des petits cris de frayeur non contrôlés. Le chapelain se lève et va ouvrir. Sur le seuil, dans l’ombre, se tiennent deux personnes en jogging et

k-way, fatiguées et boueuses, chaussures de marche aux pieds, elles entrent dans la lumière :

Champagne :  -Bonsoir, excusez-nous de vous déranger si tard, nous nous sommes égarées et il n’y a pas de réseau GSM ici, pouvons-nous téléphoner,s’il vous plaît ?

Le Chapelain : -Il n’y a pas de téléphone ici, mon fils, mais nous vous accueillerons pour la nuit, notre règle ne nous permet pas plus, mon cher fils…

Estrella :-Ma chère fille, alors ! (enlevant le capuchon de son k-way et laissant voir une chevelure blonde), merci pour votre accueil, mon Père, nous sommes fourbues et réellement perdues.

(cris admiratifs du maladroit, et  cercle  des moines autour des deux   créatures de rêve).

Moment de stupeur…

Le Chapelain : -Mon Dieu ! notre règle est stricte, nous ne pouvons recevoir de femmes dans ce lieu sacré, des pécheresses, sans doute, comme Marie-Madeleine ; au mieux, des êtres inférieurs, Seigneur, la plus grande tentation du monde, Saint-Emilion, Saint Estèphe, priez pour nous ! mais il est tard, que faire ? Allez, c’est bon, entrez, asseyez-vous. C’est l’heure du repas, partagez-le avec nous avec un gobelet d’eau du puits….

Courte prière, la table est dressée avec des assiettes, des gobelets et cuillères en bois, des tranches  de pain, c’est frugal.

Le Chapelain : -Et que tous les anges du ciel nous viennent en aide…

Champagne :  -Je m’appelle Champagne et voici ma compagne, Estrella. (petite révérence) Où sommes-nous ? qui êtes vous ? pourquoi ne disent-ils rien, ces sourds-muets ? que signifie votre discours sur les pécheresses ?

Le Chapelain : -(Debout)

Vu les conditions exceptionnelles de ce soir, je vous relève, mes frères, temporairement, de vos vœux de silence…mais pas de chasteté. 

Les moines se mettent à parler tous ensemble après tant d’années de privation, sans s’écouter, dans une cacophonie générale, posant des questions aux nouvelles arrivantes… Le chapelain les fait taire en levant sa cuillère.

Le Chapelain  -Je vais vous expliquer. Mais d’abord dites-moi : que faites-vous dans la vie du dehors, mes pauvres filles ? Comment vos pas vous ont-ils menées jusqu’à nous dans ce lieu de prières, retiré du monde ?

Estrella :    -Nous marchions vers l’horizon et la nuit tombe vite. Nous sommes maîtresses de chais à Meursault. Nous faisons du vin, et du bon, avec de vieux plants de Chardonnay, et tout alentour, nous avons vu de bien belles vignes de Pinot noir, sont-elles  à vous, tout comme ce solide pressoir ?

Moine Simplet :    -Oui, Maîtresse, mais nous ne faisons qu’un petit clairet aigrelet pour les besoins des offices. Accepteriez-vous de nous montrer vos secrets dans l’art du bon vin ? Nous serions ravis d’améliorer la tenue et l’ordinaire de nos offices, et, à l’occasion, hé !hé ! mais seulement quand c’est jour de fête.

Tous les moines aux pieds des belles, à genoux, les supplient du geste et de la voix :

Les moines : oh  oui, maîtresses, oui, oui…ah ! oui ! ouiîîî !

Champagne :
Hummm, c’est que nous sommes déjà en tâche chez Paillard et ses lurons mais vous semblez tellement gentils, tellement mignons, craquants même que… …qu’en penses-tu, Estrella ?

Estrella :  -Pourquoi ne pas rester ici quelque temps, Champagne ?, tout à l’heure la  règle nous interdisait l’entrée, et voilà qu’on insiste pour que l’on pose son sac,…et toi, mon Biquet (index sous le menton), si nous restons, tu n’oublierais pas tes vœux, tous tes vœux…ah ! ils sont trop minouches, ces moinillons, je prends celui-ci ! et toi, Champagne ?

Champagne : Ben, les autres alors…

Estrella : Allez, au boulot, mes lapins…on va faire du vin, et  on en parlera plus tard,  du Clos Vougeot. Puis on va  vendre des barriques et des bouteilles, gagner des coffres d’euros pour restaurer le toit de la chapelle, aider vos pauvres, ouvrir des   hospices à Beaune…

Sortie en ballets, en french cancan…

« Nous sommes les petits moines (ter) de Vougeot…bis… »

Deuxième Tableau.

L’Eveillé, solennel, passe lentement :

-Ainsi va la vie des hommes, de joies en peines, de naissances en décès, de guerres en paix,…restez concentrés,… c’est l’histoire de l’humanité et surtout la petite, grandiose et dramatique histoire de chacun de nous, tout seul sur le frêle esquif de notre vie,si précaire, si précieuse…vers quel destin, pourquoi la vie, vers quels buts obscurs le vaisseau Terre fonce-t-il dans le champ glacial des nébuleuses ?

Restons dans la ligne du temps et tentons de comprendre comment tout cela fonctionne à un moment charnière de l’histoire, par exemple lors de la préparation de la Révolution Française, remontons le temps et arrêtons-nous au fécond XVIII° siècle, à la table de la Vigne Philosophe où Diderot, Rousseau, D’Alembert et D’Holbach.

Il les présente tour à tour, les philos entrent en saluant, chacun  à leur manière

Ils sont encore en  train de refaire le monde… 

La scène est dans le noir, on prépare une table pour un banquet, le pressoir est toujours là, il a traversé les siècles.

Rousseau:    -Holà ! Diderot, à la santé de ton Encyclopédie, bois vite avant que Louis ne te décapite, tu n’es pas en odeur de sainteté à la cour et les courtisans  jasent contre tes idées, il y a des cabales, mon vieux. Grandiose ce Château Yquem. Même avec une tête qui roule dans le panier…

Diderot :     -A la tienne ! et à ton «  bon sauvage », cher Rousseau, un mythe qui n’existe que dans ton imagination, les hommes sont des loups mais on peut les rendre sages, mon Encyclo paraîtra en Hollande et reviendra en contrebande éclairer les cerveaux français qui sont prêts à réfléchir, l’ordre changera, des hommes probes et libres travailleront au progrès de l’humanité.

D’Holbach : -Dis, D’Alembert, tu as fini l’article sur la roue ?

D’Alembert : -Oui, D’Holbach, sur la roue, sur la brouette, sur le carrosse et puis qu’est-ce que l’homme va encore inventer pour se déplacer ? une carriole qui avance toute seule, sans chevaux   peut-être… ?

Diderot :    -Ne rêve pas, Baron, vide ton gobelet au lieu d’écrire des insanités,   espèce d’athée, quand je te lis…

Rousseau :   – Qu’as-tu écrit là, Diderot, un nouveau slogan?

Diderot :    – « Liberté, égalité, fraternité », et j’y crois, on répètera cela plus tard, on le burinera même au fronton des temples…

Rousseau :   -Va dire cela à Louis et il te fera fouetter ou même pendre, tu veux quoi, la démocratie ?, Périclès et les Grecs ont déjà essayé, puis les barbares sont venus.

Diderot :    -Je veux que le pouvoir royal et la puissance du clergé disparaissent

D’Alembert : –Pour le donner aux gueux, ils ne sont pas prêts, les gueux, ils ne le seront jamais…

Diderot :    -Que les peuples seront heureux quand les rois seront philosophes, ou quand les philosophes seront rois !

Le Neveu de Rameau fait son entrée…

Diderot :     -Hé ! Regardez qui voilà ! encore ce parasite, ce lèche-bottes, ce pouilleux de Neveu de Rameau,  alors, jeté à la rue par ce bon vicomte ? ton écuelle est vide ? Il a de la paille plein les cheveux, et lavé d’avant-hier,  les grimaces du bouffon ne plaisent plus ?

Le Neveu :  -Si fait, mes bons seigneurs, si fait, mais je vous écoute deviser de vos chimères : à bas le Roi, par-ci,  à bas les curés et Dieu, par-là, le sauvage est naturellement bon, dit l’anthropophage, surtout avec de l’ail,  vive la démocratie, les hommes sont égaux, mais mon verre est plus vide que les vôtres et ça, c’est une vérité.

(La serveuse remplit le verre du Neveu)

        Merci, à la vôtre…aaahh ! Pour tout vous dire, y a que cela de vrai (montrant son verre) et ça, (il se lève et va vers le pressoir qu’il fait tourner) le travail, le travail utile, mes seigneurs, celui qui produit du bonheur, cornes de bouc, et rien d’autre. .C’est pas des utopies qu’il faut presser, c’est du raisin.

Le Neveu se lance dans une pantomime effrénée, il mime le travail du vigneron :

…et je te taille la vigne, je te l’attache, je te la pulvérise, et je coupe les grappes, et je bourre le pressoir, et je foule et je presse, déjà je  goûte, glouglouglou !, je coule en foudre, aaah ! et je te baratte, je te regoûte, je mets en bouteilles, je bouche, j’étiquette, déjà je débouche, clouc ! je goûte encore…ça, c’est du travail qui rend heureux, mes petits philosophes.

Le Neveu s’assied, épuisé, s’éponge et vide un verre qui traîne

D’Alembert : -Il a peut-être raison, Diderot, revois l’article sur le travail .

Diderot :       -Et pourquoi pas sur les corporations, les industries, le Capital, on peut inventer le socialisme, le communisme, le libéralisme, on ne mettra jamais des hommes heureux dans un système.

D’Alembert : -Alors ?

Rousseau :   -Alors ?

D’Holbach : -Alors ?

Diderot :      -Alors, quoi ?

Le Neveu :    -Alors, les zorros, on est à la Vigne Philosophe, et ici, quand on a bien réfléchi, on cagnotte et on reprend une bouteille, cornes de bouc, par ici la monnaie, je vais vous choisir un nectar où il fera bon se tremper l’âme …

Les Philosophes :-Et avec nos sous ?

Le Neveu :    -Dame ! on boira à votre santé…et à celle de l’Eveillé- là, ça fait un  bout qu’on ne l’a plus vu celui-là…

La pantomime du fouleur fou

Troisième Tableau

Obscurité sur la scène.

L’ Eveillé : -Il est là, l’ Eveillé et il t’écoute, d’ailleurs, je suis toujours là, près de toi, comme la voix de ta conscience, comme ton ange gardien. Il m’arrive même de veiller sur toi mais tu ne le sais pas. L’homme a tant inventé, tant essayé de vivre, d’être heureux, tant souffert, il est toujours là, comme toi, avec le désir, l’amour, la peur, la haine, la mort, ça ne changera donc jamais, ce huis-clos ? Pourtant, c’est simple, il suffit de changer l’homme, allons voir plus loin sur la ligne du temps, arrêtons-nous une dernière fois au XXII° siècle, ce sera peut-être instructif…

La scène se peuple progressivement de créatures, vêtues de noir, insouciantes, cool, qui s’asseyent nonchalamment, en bâillant et devisant…leurs têtes sont coiffées d’un bonnet de natation hérissé d’antennes.

Patrice :    -C’est pas commencé ! (chips, papiers d’emballage…) ,viens près de moi.

Michel :   -T’as payé ta place,toi ?

Daphné :  J’suis invitée par Machin.

Eddy :       -Fais-moi une petite place.

Isabelle :   -Passe un glub.

Patrice :    -Tudju, ils sont beaucoup ! y ont pas lésiné sur les figurants !

Michel :    -Y en a des tapés, garde là ! Et, là, le grand, putain !

Daphné :  -C’est une grande pièce ?

Eddy :       -Sais pas, j’ai vu de la lumière, suis entré.

Isabelle : -Pas vu ça aux leçons de cyber-culture, trop difficile.

Patrice : -C’est marqué, entrée gratos, « théâtre », sais pas c’que c’est.

Michel : -On attend longtemps, fait chier,  ai soif !

Daphné : -Marre, allez, commencez, merde !

Eddy :     -Ouais, commencez…commencez, commencez…. !!

Tous :     -Commencez, commencez !!…

Dans la salle.

A :-Mais on ne joue pas, nous !

B :-Non, on ne joue pas, c’est à vous ! Nous, on est là pour fêter un anniversaire, c’est le premier siècle de la Vigne Philosophe, ils ont fondé cela en octobre 2.001, il y a juste cent ans !.

A :-On est venu vous voir, il paraît que c’est une pièce de théâtre, oui, je  sais, c’est démodé, cela ne se fait plus, mais comme on était invité, on est tous venus.

B :-De plus, après la pièce, il y aura du vin, à l’ancienne, comme dans le temps, fait avec de vrais raisins.

A : -Bon, commencez, maintenant, c’est pas drôle !

Sur la scène.

Patrice : -Merde alors, qu’est-ce qu’on fout ici, on s’est gouré, les gars, faut qu’on se tire ! pourtant, j’ai payé ma place.

Michel :  –Non, t’étais invité par Machin aussi, tu lui as donné la propriété de ton  vote électronique, c’est noté dans ton iris, quand tu stationnais encore sur Jupiter.

Dring ! Sonneries de GSM, à intervalles, d’autres appellent, les conversations se mêlent, tous ont l’appareil vissé à l’oreille, ils se lèvent et marchent sur la scène, descendent vers le public.

Daphné : -Vise un peu  là, C’est Tic qui revient de mission sur Alpha du Centaure, Salut Tic, c’est quoi que tu tiens en laisse, Tic ?

Tic :           -Banyuls, il s’appelle, ça vit sur Alpha, l’est un peu con,  mais c’est gentil, tu peux le caresser.

Banyuls est vêtu simplement, torse nu, pieds nus.

Eddy :     -Ca parle ?

Tic :        -Pas bien, Banyuls, ça veut dire « heureux », chez eux, ils s’appellent comme ça, y sont cons en cyber-réflex, c’est des primitifs, ils n’ont pas de culture, connaissent pas le G, dis !! je l’ai ramené pour moi, il me sert. Dis-leur quelque chose, Banyuls.

Banyuls : -Nous contents, heureux pasque nous aimer, aimer tout, donner tout…

Isabelle : -Hé, c’est quoi, le bidule, là ?

Tous :     -On sait pas…on sait pas…

Banyuls : -Ca pressoir, bon,…pour faire du vin.

Tic :        -Explique quand même Banyuls, on n’est pas des nases, on aime comprendre, nous.

Banyuls : – « le travail qui produit du bonheur et qui rend heureux » comme Rameau disait, c’est bien, vite dit et un peu court, demande au facteur, au taximan, à l’agriculteur…et prends garde à sa fourche, surtout s’il pleut sur ses foins ! Ce pressoir, doctes humains, est un outil mais c’est aussi un symbole comme le marteau, le ciseau, la faucille, le porte-plume, le pinceau, le compas, c’est le symbole, la représentation d’un geste physique et moral, on peut très bien presser des idées et en tirer « la substantifique moelle » et aussi presser le contribuable comme un citron…ou presser son cœur contre ton cœur…Ces outils font une place dans la société, à ceux qui les utilisent, les rendent comme des « maillons » d’une chaîne, capables de s’intégrer, d’être utiles, dignes, libres, conscients, heureux de vivre, sans la crainte du regard de l’autre, dégagé des préjugés, des certitudes, de ses peurs surtout, les yeux ouverts vers les autres, vers le fond de soi-même, « connais-toi, toi-même ! » et reste dans le sentir, joyeux d’être, c’est ton chemin, l’outil à la main…va, Amigo, va, vers ton destin et forge-le, si tu peux, parfois.

Tic :        -Tudieu, Banyuls, t’avais pas dit, merde alors, avec ta sagesse du cœur, t’es qui toi, à la fin ???  

En enlevant le collier et la laisse, un peu gêné.

Banyuls : -Un autre toi, semblable à ceux-là aussi

Il montre le public.

Dans la salle :

 A:  -Aaah ! cela commence à devenir bien, leur pièce, originale, mais un peu casse- tête, la philo, pas beaucoup d’actions.

B : -Quelle affaire ! Dites, je me demande comment cela va finir…

Sur la scène :

Patrice :   -Bon, allez,  ils veulent quelque chose…

Michel :   -Il faut leur donner,

Daphné : -Ils ont l’air trop sincères avec leur anniv,

Eddy :      -Chantons pour eux quelque chose…je ne sais pas moi…

Isabelle :  -Quelque chose de très vieux

Patrice :   -Oui, qui leur rappelle les débuts héroïques de la Vigne Philosophe,

Michel :   -J’ai amené un hologramme portable sur disque gravé et… piraté,

Daphné : -Et de la dernière génération !,

Eddy :      -Je le branche !,

Isabelle :  -Attention aux ondes, c’est parti !

Le chanteur se redresse lentement…et chante, les personnages font cercle autour de lui et l’accompagnent…

Tentez l’aventure philosophique.

Pistes de réflexions.

  • « Le temps philosophique » n’existe pas ; seuls les vivants passent. 
  • A la recherche de la symbolique de l’Eveillé . Comment se découvre-t-il au cours des tableaux ?
  • Fourmilière humaine et déterminisme.
  • « La visualisation créatrice », une blague New age ? une imposture ? une réalité ?
  • Le rôle des femmes dans une société régie par des dogmes.
  • Le rôle altruiste de l’argent, bonne conscience ou détournement ?
  • L’utopie des Philosophes : « le bon sauvage », « éclairer les cerveaux », le mythe du progrès, « liberté, égalité, fraternité… »
  • Les limites de la Démocratie : « Les gueux ne seront jamais prêts ».
  • La « philosophie » du Neveu de Rameau.
  • Critique de notre époque à travers le XXII° siècle.
  • Depuis les Noirs enchaînés, tant de laisses ont été passées à tant de cous…tous des primitifs, des faibles ? 
  • La philosophie de Banyuls
  • « La substantifique moelle » notion relative ou réalité ?
  •  « Connais-toi, toi-même », l’ancienne maxime de Socrate, toujours actuelle.
  • « Reste dans le sentir, joyeux d’être » base du chamanisme.
  • Public-comédiens,  qui regarde qui ?  L’effet « miroir ».
  • « Il suffit de changer l’homme » a dit l’Eveillé.

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