Caricatures

Portait du buveur de bière
vu par un dégustateur de vins.

Dites, mes amis, vous avez déjà bien regardé un buveur de bière ? Mais bien regardé, c’est fou !

Vous les verrez passer en grappes bruyantes  et vous les reconnaîtrez aussitôt, la panse en avant, soutenant leur brutale suffisance, des rustres, souvent des brutes, capables d’élever leur recherche spirituelle au niveau des concours du plus grand buveur de jus de houblon.

Des hooligans, parfois, qui cassent des vitrines et du flic, dépavent les rues et renversent les barrières dans les stades. Ils sont juchés sur d’énormes et rutilantes motos pétaradantes, leur foulard décoré d’une tête de mort, cachant leur calvitie. Ils sont souvent gros, il y en a des tatoués multicolores. Ils éclusent, en barbare, des hectolitres de blonde, de brune et d’ambrée avec des grognements satisfaits de porcs repus, essuyant leur moustache et leurs joues maculées de mousse d’un revers de manche qui étrangle un rictus de carnassier.

Issus de Germanie, peuples du Nord, ils ont gardé leurs gros rires, leur brutalité et leurs yeux délavés où brille encore la fureur des hordes qui déferlèrent sur l’Empire…des bêtes…

Portrait du dégustateur de vin
vu par un buveur de bière.

Hé, les mecs, vous avez déjà zieuté un buveur de pinard ? Pas croyable !

Vous les trouverez assis en groupe ou souvent debout autour d’un tonneau vide, comme des petits pédés de merde, qui tiennent leur verre par le pied en levant leur petit doigt avec des mines d’intello maigrichons dans leur petite veste.

Ils font tourner leurs verres comme des saisis et y plongent leur petit pif frémissant, puis y jacassent comme des perruches, pire, on dirait des moineaux qui boivent deux gouttes avec des mines réjouies et en hochant leur tête d’écolo-bobos. Tu les entends ? « Ca sent la framboise, la myrtille, la banane, le cassis, même le champignon ». C’est con, leur pinard, y sent jamais le raisin !

Y z’en sont fiers de leur bibine de « leur château Moncul » ! Y passent des heures à regarder la couleur de leur carbu plutôt qu’à le descendre, y z’y voient des robes par là, ça a du corps, de la cuisse par ci, à croire qui z’ont jamais vu de gonzesse.

Puis y s’rincent longtemps le palais avec des mines entendues, des roulements d’yeux, on dirait qui z’ont peur d’avaler. Et y en causent, pis y causent…y causent…de leur petit rouge et pis y sont tout pétés saouls…les pauvres minets qu’on jamais vu une bonne mousse.

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